Mortalité routière en France : +15 % en avril 2026

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Les chiffres du baromètre ONISR d’avril 2026

  • 285 personnes décédées sur les routes de France métropolitaine en avril 2026, contre 248 en avril 2025
  • Hausse de 15 % en un an, avec 37 décès supplémentaires
  • 1 533 blessés graves recensés sur le mois, en progression de 8 %
  • Forte aggravation chez les usagers de deux-roues motorisés et cyclistes
  • Hausse de la mortalité de 8 % sur les douze derniers mois glissants

L’Observatoire national interministériel de la sécurité routière a publié son baromètre mensuel d’avril 2026. Les chiffres documentent une dégradation marquée de la situation par rapport au même mois l’année précédente. La mortalité enregistre une hausse de 15 % sur un an, avec une concentration des victimes parmi les usagers vulnérables. Cet article détaille les données, les catégories d’usagers concernées, la géographie des accidents et le contexte annuel.

Le baromètre ONISR d’avril 2026

L’Observatoire national interministériel de la sécurité routière, ou ONISR, publie chaque mois un baromètre détaillé. Ces données provisoires nourrissent ensuite le bilan annuel de la sécurité routière. Les chiffres d’avril 2026 marquent une rupture avec la tendance baissière observée sur les années précédentes.

Les chiffres clés du mois

L’ONISR estime à 285 le nombre de personnes décédées sur les routes de France métropolitaine en avril 2026. Ce chiffre se compare à 248 victimes recensées en avril 2025. La progression atteint donc 37 décès supplémentaires, soit une hausse de 15 % sur un an. Le nombre de blessés graves s’élève à 1 533 personnes, en progression de 8 % par rapport au même mois de l’année précédente.

Une tendance lourde sur douze mois

L’analyse en année glissante confirme l’aggravation. La mortalité progresse de 8 % sur les douze derniers mois par rapport aux douze mois précédents. Cette hausse intervient après plusieurs années de baisse régulière. Le bilan annuel 2025 affichait déjà 3 260 tués, en hausse de 2,1 % par rapport à 2024. La tendance d’avril 2026 amplifie nettement ce mouvement.

285décès en avril 2026
+15%par rapport à avril 2025
1 533blessés graves sur le mois
+8%sur douze mois glissants

Les catégories d’usagers touchées

L’aggravation observée en avril 2026 ne touche pas les usagers de la route de façon uniforme. Les conducteurs de deux-roues motorisés et les cyclistes concentrent la majorité des décès supplémentaires. Les piétons et les automobilistes restent à un niveau stable, mais déjà préoccupant pour un mois d’avril.

Les deux-roues motorisés en forte hausse

La mortalité des usagers de deux-roues motorisés progresse de 27 décès supplémentaires par rapport à avril 2025. Motos et scooters concentrent ainsi la majeure partie de la hausse observée. La période printanière voit traditionnellement un retour massif des motards sur les routes, ce qui amplifie l’exposition aux risques. Les conditions météorologiques favorables d’avril 2026 ont également favorisé les sorties.

Les cyclistes

Les cyclistes payent un lourd tribut au mois d’avril, avec 12 décès supplémentaires par rapport à avril 2025. La progression de la pratique du vélo en agglomération et dans les zones péri-urbaines accroît mécaniquement l’exposition. Les conflits avec les véhicules motorisés restent la principale cause des accidents mortels. Le partage de la chaussée demeure un point sensible de la sécurité routière française.

Les piétons et automobilistes

La mortalité des piétons et des occupants de voiture reste stable par rapport à avril 2025. Le niveau enregistré n’en demeure pas moins élevé pour un mois d’avril, traditionnellement plus calme que les mois d’été. Les automobilistes représentent 48 % de la mortalité routière globale en France selon le bilan annuel 2025. Les piétons composent une part conséquente des usagers vulnérables, avec 501 décès recensés sur l’année 2025.

Les trottinettes électriques en alerte

Les usagers d’engins de déplacement personnel motorisés (EDPM), trottinettes électriques en tête, enregistrent la plus forte progression du mois. Le nombre de blessés graves dans cette catégorie progresse de 45 % par rapport à avril 2025. Le bilan annuel 2025 documentait déjà 80 décès dans cette catégorie, soit 35 morts de plus qu’en 2024. La généralisation des EDPM dans les déplacements urbains se traduit par une exposition accrue aux risques.

Attention

Les usagers vulnérables (piétons, cyclistes, conducteurs de deux-roues motorisés, utilisateurs d’EDPM) représentent désormais 46 % de la mortalité routière en France. Cette part progresse régulièrement depuis cinq ans. La protection de ces catégories devient un axe majeur de la politique de sécurité routière à l’échelle nationale.

La géographie des accidents

La hausse de la mortalité observée en avril 2026 se concentre sur les routes hors agglomération. Les zones urbaines présentent au contraire une légère baisse du nombre de décès. Cette dichotomie géographique modifie le profil-type de l’accident mortel.

Une hausse sur le réseau hors agglomération

Le nombre de décès enregistre une hausse de 45 décès sur les routes hors agglomération entre avril 2025 et avril 2026. Le réseau secondaire et les routes départementales concentrent la majorité de ces accidents. La vitesse pratiquée, la lisibilité de la chaussée et l’éloignement des services de secours expliquent en partie cette concentration. Les déplacements longue distance reprennent traditionnellement leur niveau printanier en avril.

Une stabilité relative en agglomération

Les centres urbains affichent une légère baisse de 7 décès par rapport à avril 2025. Cette amélioration reste fragile et doit être interprétée avec prudence sur un seul mois. Les zones 30, les pistes cyclables sécurisées et les abaissements de vitesse maximale autorisée portent progressivement leurs fruits en agglomération. Les usagers vulnérables y restent toutefois exposés aux risques de choc avec des véhicules motorisés.

Le contexte du bilan annuel 2025

Les chiffres mensuels d’avril 2026 s’inscrivent dans un mouvement de fond préoccupant. Le bilan provisoire de l’année 2025, publié par l’ONISR en janvier 2026, montrait déjà une rupture avec les années antérieures.

3 260 tués en métropole en 2025

L’ONISR a recensé 3 260 personnes tuées sur les routes de France métropolitaine en 2025, contre 3 193 en 2024. Le surplus de 67 décès représente une hausse de 2,1 %. Outre-mer, le bilan s’établit à 253 décès, en progression de 6 %. Au total, 244 000 personnes ont été blessées sur l’année, dont 16 600 grièvement.

Les usagers vulnérables en première ligne

La hausse de 2025 concerne particulièrement les usagers vulnérables. 501 piétons ont été tués sur les routes françaises, soit 45 décès de plus qu’en 2024. 234 cyclistes ont perdu la vie, avec 10 décès supplémentaires. Les utilisateurs de trottinettes et autres engins motorisés totalisent 80 morts, soit 35 victimes de plus qu’en 2024. Les hommes représentent 77 % des décès et 84 % des conducteurs responsables d’accidents mortels.

Les facteurs explicatifs identifiés

Plusieurs facteurs concomitants éclairent la hausse de la mortalité observée en avril 2026. Aucun n’explique à lui seul la totalité du phénomène, mais leur combinaison dessine un contexte défavorable.

Les conditions météorologiques

Le mois d’avril 2026 a affiché un ensoleillement supérieur à la moyenne saisonnière dans une majorité de régions. Cette météo favorable a multiplié les déplacements de loisir, en particulier à moto et à vélo. Les ponts du printemps ont également entraîné une intensification du trafic sur le réseau secondaire. Le baromètre ONISR met systématiquement en lien la météo printanière et la remontée de la mortalité.

Le retour des longs trajets

Les week-ends prolongés du printemps relancent traditionnellement les déplacements longue distance. La concentration de trajets sur les autoroutes et routes nationales sature les infrastructures. La fatigue au volant, le non-respect des distances de sécurité et les excès de vitesse occasionnels constituent des facteurs récurrents des accidents mortels sur ce type de trajets.

Les comportements à risque

L’alcool au volant, l’usage du téléphone et les excès de vitesse restent les trois principaux facteurs d’accidents mortels. La récente transformation du très grand excès de vitesse en délit, effective depuis le 29 décembre 2025, vise précisément ces comportements. Le législateur a également créé le délit autonome d’homicide routier par la loi du 9 juillet 2025, pour mieux qualifier les conduites dangereuses ayant entraîné la mort.

Bon à savoir

L’ONISR publie un baromètre mensuel détaillé en libre accès sur son site officiel. Le document complet présente les chiffres par catégorie d’usagers, par tranche d’âge, par sexe et par type de réseau routier. Une consultation directe des données permet de suivre l’évolution mois par mois et de comparer les tendances régionales.

Les objectifs de réduction

La hausse observée en avril 2026 complique la trajectoire de réduction visée par la France et l’Union européenne. Les objectifs fixés restent ambitieux et imposent une forte mobilisation des pouvoirs publics.

L’objectif national à l’horizon 2030

La France vise une division par deux du nombre de tués sur les routes d’ici 2030, par rapport au niveau de 2019. L’année 2019 totalisait 3 244 décès en métropole. L’atteinte de l’objectif demanderait de descendre sous la barre des 1 622 morts annuels d’ici 2030. La trajectoire actuelle s’écarte fortement de cette cible.

La vision zéro à l’horizon 2050

L’Union européenne s’est dotée d’une « Vision Zéro » à l’horizon 2050, visant la suppression complète des décès sur les routes du continent. Cette ambition guide les politiques publiques nationales et les réformes successives du Code de la route. La réforme européenne du permis adoptée en octobre 2025 prévoit notamment une harmonisation des règles entre États membres pour soutenir cette cible.

Tableau récapitulatif

Le tableau ci-dessous synthétise les principales données du baromètre d’avril 2026, en comparaison avec avril 2025. Les évolutions illustrent la concentration de la dégradation sur certaines catégories d’usagers.

IndicateurAvril 2025Avril 2026Évolution
Décès toutes catégories248285+15 %
Blessés graves1 4191 533+8 %
Deux-roues motorisés tuésRéférence+27 décèsHausse marquée
Cyclistes tuésRéférence+12 décèsHausse marquée
Mortalité hors agglomérationRéférence+45 décèsHausse forte
Mortalité en agglomérationRéférence-7 décèsLégère baisse

Combien de morts sur les routes françaises en avril 2026 ?

L’ONISR estime à 285 le nombre de personnes décédées sur les routes de France métropolitaine en avril 2026. Ce chiffre marque une hausse de 15 % par rapport à avril 2025, qui avait recensé 248 victimes.

Quelle catégorie d’usagers est la plus touchée ?

Les usagers de deux-roues motorisés concentrent la majeure partie de la hausse, avec 27 décès supplémentaires. Les cyclistes suivent avec 12 décès en plus. Les utilisateurs de trottinettes électriques affichent une progression de 45 % du nombre de blessés graves.

La mortalité est-elle en hausse sur l’année 2026 ?

Sur les douze derniers mois glissants, la mortalité routière progresse de 8 % par rapport aux douze mois précédents. Le bilan annuel 2025 avait déjà constaté une hausse de 2,1 % avec 3 260 décès en métropole.

Où la hausse est-elle la plus marquée ?

La hausse se concentre sur les routes hors agglomération, avec 45 décès supplémentaires. Les zones urbaines affichent au contraire une légère baisse de 7 décès, signe de l’efficacité progressive des aménagements urbains.

Quels sont les objectifs de réduction de la France ?

La France vise une division par deux du nombre de tués sur les routes d’ici 2030 par rapport à 2019. L’Union européenne s’est fixé une « Vision Zéro » à l’horizon 2050, soit zéro décès sur les routes du continent.

Où consulter le baromètre ONISR détaillé ?

L’Observatoire national interministériel de la sécurité routière publie chaque mois un baromètre complet en libre accès sur son site officiel onisr.securite-routiere.gouv.fr. Le document détaille les chiffres par catégorie d’usagers, par âge, par sexe et par type de réseau.


Article publié en mai 2026. Sources : ONISR (baromètre mensuel avril 2026, bilan provisoire 2025), Sécurité Routière, Ministère de l’Intérieur.