Les repères de la visite médicale du permis
- Visite obligatoire pour raisons de santé, après une suspension liée à l’alcool ou aux stupéfiants, ou pour les permis professionnels
- Tarif fixé à 33 euros chez un médecin agréé en cabinet, 50 euros en commission médicale de préfecture
- Formulaire Cerfa 14880*02 à remplir et présenter le jour de l’examen
- Pour les infractions liées à l’alcool, un bilan biologique récent (VGM, Gamma GT, CDT) est exigé
- Le permis peut être délivré à durée limitée si l’aptitude du conducteur reste à surveiller
Tout permis de conduire ne se passe pas systématiquement chez le médecin. Plusieurs situations particulières imposent toutefois un contrôle médical d’aptitude pour rouler en règle. Suspension liée à l’alcool, pathologie incompatible, conduite professionnelle ou simple renouvellement après 60 ans : les cas sont nombreux et obéissent à des règles précises. Cet article passe au crible les motifs de visite médicale, les médecins habilités, les tarifs et les conséquences possibles sur le titre de conduite.
Les cas qui imposent une visite médicale
La visite médicale du permis ne concerne pas la majorité des candidats au permis B. Le passage du permis classique n’exige aucun contrôle médical préalable en France. Quatre grandes catégories de situations déclenchent toutefois une obligation, encadrées par l’article R221-10 du Code de la route.
Les raisons de santé
Toute pathologie figurant dans l’arrêté du 28 mars 2022 fixant la liste des affections médicales incompatibles avec la conduite déclenche une visite. La liste comporte les troubles cardiovasculaires sévères, l’épilepsie, les troubles du sommeil non traités, les maladies neurologiques évolutives, le diabète mal équilibré ou certains troubles psychiatriques. Le passage du permis avec une incapacité physique, l’usage d’un véhicule aménagé pour handicap ou la perception d’une pension d’invalidité civile ou militaire imposent également un avis médical.
Après une suspension liée à l’alcool ou aux stupéfiants
La récupération du permis après une suspension administrative ou judiciaire pour alcool ou stupéfiants passe obligatoirement par une commission médicale. Cette visite se déroule en préfecture devant un binôme de médecins agréés. Le contrôle évalue les conséquences de l’infraction et l’aptitude à reprendre la conduite. Une analyse biologique récente complète l’examen. Le dispositif s’applique également en cas d’annulation totale du permis pour ces motifs.
Pour les permis professionnels et lourds
Tous les permis du groupe lourd imposent une visite médicale dès la délivrance. Les catégories C, C1, CE, C1E, D, D1, DE et D1E entrent dans ce périmètre, qu’il s’agisse de camions ou de transport de personnes. Les conducteurs de taxi, VTC, ambulance ou auto-école relèvent aussi de l’obligation. La périodicité s’établit à tous les 5 ans jusqu’à 60 ans, puis tous les 2 ans entre 60 et 76 ans, puis tous les ans au-delà.
Les conducteurs âgés
Contrairement à plusieurs pays de l’Union européenne, la France n’impose aucune visite médicale obligatoire pour le permis B après un âge donné. Le titulaire d’un permis B classique conserve son titre à vie, sauf décision contraire. La règle change pour les permis du groupe lourd, qui imposent des contrôles plus rapprochés avec l’avancée en âge. Une réforme européenne pourrait toutefois étendre l’obligation aux conducteurs de permis B au-delà de 70 ans à l’horizon 2030.
Médecin agréé ou commission médicale
Deux dispositifs cohabitent en fonction du motif de la visite. Le médecin agréé en cabinet de ville traite les cas individuels et les renouvellements professionnels. La commission médicale en préfecture se réserve aux dossiers complexes, en particulier les suspensions pour alcool ou stupéfiants.
Le médecin agréé en cabinet
Chaque département dispose d’une liste de médecins agréés par le préfet. La liste s’obtient sur le site internet de la préfecture, en sous-préfecture ou en mairie. Le médecin agréé en cabinet de ville reçoit sur rendez-vous, comme une consultation classique. Il statue seul sur l’aptitude du conducteur. La visite dure habituellement entre 15 et 30 minutes.
La commission médicale en préfecture
La commission médicale réunit deux médecins agréés au sein de la préfecture. Cette modalité reste imposée aux conducteurs ayant subi une suspension ou une annulation pour alcoolémie, stupéfiants ou éthylotest antidémarrage. Le rendez-vous se prend en ligne sur le portail de la préfecture concernée. Les délais d’attente varient de quelques semaines à plusieurs mois selon les départements.
Le tarif et le déroulé de la visite
Le coût de la visite varie selon le cadre. L’arrêté du 1er février 2016 fixe le tarif des médecins agréés en cabinet. Les commissions médicales en préfecture appliquent leur propre grille tarifaire.
Les montants à régler
La consultation chez un médecin de ville agréé revient à 33 euros. Le montant reste fixe sur l’ensemble du territoire et n’autorise aucun dépassement d’honoraires. La commission médicale en préfecture demande 50 euros par passage. Les analyses biologiques préalables restent à la charge du conducteur, en sus du tarif de consultation. Aucune prise en charge par la Sécurité sociale n’est prévue pour cet acte non médical.
Le déroulé de l’examen
L’examen médical du permis combine un interrogatoire et un examen clinique standard. Le médecin évalue la vue, l’audition, la mobilité articulaire, la coordination et l’état général. Une mesure de tension artérielle complète habituellement le bilan. Le médecin peut demander un test rapide d’urine en cas de doute sur la consommation de substances. Une orientation vers un spécialiste reste possible si une affection apparaît au cours de la consultation.
Bon à savoir
La visite médicale peut être complétée par des tests psychotechniques en cas de suspension du permis pour solde nul de points ou pour invalidation. Ces tests s’effectuent dans un centre agréé séparé du médecin et coûtent entre 70 et 120 euros selon les régions. Leur résultat conditionne autant que l’avis médical la restitution du permis.
Les documents à présenter le jour J
Le dossier remis le jour de la visite conditionne la validation de l’examen. Un document manquant peut entraîner un nouveau rendez-vous, avec un coût supplémentaire. Trois pièces principales structurent le dossier de base.
Le formulaire Cerfa 14880*02
Le formulaire bleu « permis de conduire – avis médical », référencé Cerfa 14880*02, constitue la pièce centrale. Le conducteur le remplit en ligne ou sur version imprimée. Il déclare ses antécédents médicaux, ses traitements en cours et toute affection pouvant influer sur la conduite. Le médecin agréé y appose son avis et sa signature après examen.
Les analyses biologiques
Une infraction liée à l’alcool exige un bilan biologique récent, daté de moins de 3 semaines. Le bilan comporte le VGM (volume globulaire moyen), les Gamma GT et le CDT (transferrine déficiente en carbohydrates). Ces trois marqueurs servent à détecter une consommation chronique d’alcool. Une analyse positive aux stupéfiants implique des examens complémentaires en laboratoire. Tous ces frais restent à la charge du conducteur, en plus de la consultation.
Les autres pièces
Le conducteur présente également une pièce d’identité valide, le permis de conduire actuel ou un justificatif d’annulation, et tout document médical utile à son dossier. Les ordonnances en cours, comptes rendus opératoires récents ou avis de spécialistes complètent le dossier en cas de pathologie particulière. La présentation d’un courrier de la préfecture ou d’une convocation officielle peut être demandée selon les cas.
Les suites possibles : avis et durée du permis
Le médecin agréé ou la commission médicale rendent trois types d’avis. Chaque verdict entraîne des conséquences différentes sur le permis du conducteur. La décision finale appartient au préfet, qui suit habituellement l’avis médical formulé.
L’avis favorable
L’avis favorable autorise la délivrance ou le maintien du permis sans restriction particulière. Le titulaire repart avec son Cerfa visé et son permis reste valide. Pour un permis professionnel, l’avis favorable ouvre la voie au renouvellement standard, jusqu’à la prochaine échéance quinquennale ou biennale.
L’avis temporaire ou à durée limitée
Le médecin peut délivrer un avis favorable pour une durée limitée, comprise entre 6 mois et 5 ans. Cette modalité encadre les pathologies évolutives nécessitant un suivi régulier. Le permis devient alors temporaire, avec une date de validité inscrite. Une nouvelle visite intervient avant l’échéance pour reconduire ou modifier l’avis. Les conducteurs sous éthylotest antidémarrage ou en sortie de suspension entrent souvent dans ce cadre.
L’avis défavorable
Un avis défavorable empêche l’obtention ou le maintien du permis. La décision préfectorale qui suit prononce une inaptitude à la conduite. Le conducteur peut contester la décision devant la commission médicale supérieure, puis devant le tribunal administratif. Une nouvelle visite reste possible après amélioration documentée de l’état de santé.
Attention
Conduire avec un permis périmé après une visite à durée limitée non renouvelée équivaut à conduire sans permis valide. La sanction atteint 1 an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende. L’assurance refuse toute prise en charge en cas d’accident. Le suivi des dates de validité reste à l’initiative du titulaire, sans rappel administratif systématique.
Tableau récapitulatif des cas et tarifs
Le tableau ci-dessous synthétise les situations imposant une visite médicale, le médecin compétent et les montants à régler en 2026. Les analyses biologiques restent en sus pour les cas alcool ou stupéfiants.
| Motif | Médecin compétent | Tarif | Périodicité |
|---|---|---|---|
| Permis B avec handicap ou pathologie | Médecin agréé en cabinet | 33 € | Selon avis médical |
| Suspension alcool ou stupéfiants | Commission médicale préfecture | 50 € | À chaque sortie de suspension |
| Permis groupe lourd (C, D) | Médecin agréé en cabinet | 33 € | 5 ans jusqu’à 60 ans, 2 ans après |
| Taxi, VTC, ambulance | Médecin agréé en cabinet | 33 € | 5 ans jusqu’à 60 ans, 2 ans après |
| Invalidation pour solde nul de points | Médecin agréé + tests psychotechniques | 33 € + 70 à 120 € | À la repasse du permis |
Le permis B classique nécessite-t-il une visite médicale ?
Non. Le passage du permis B en France ne demande aucune visite médicale, sauf en cas de pathologie particulière, de handicap ou de pension d’invalidité. Le titulaire conserve son permis à vie sans contrôle médical périodique.
Quel est le tarif d’une visite médicale du permis en 2026 ?
La consultation chez un médecin agréé en cabinet coûte 33 euros, montant fixé par l’arrêté du 1er février 2016. La commission médicale en préfecture demande 50 euros par passage.
Comment trouver un médecin agréé pour le permis ?
La liste des médecins agréés est publiée sur le site internet de la préfecture du département. Elle reste également consultable en sous-préfecture et dans certaines mairies. Le rendez-vous se prend directement avec le cabinet du médecin choisi.
Quels examens sont demandés après une suspension pour alcool ?
Le conducteur doit fournir un bilan biologique récent comportant le VGM, les Gamma GT et le CDT. Ces marqueurs détectent une consommation chronique d’alcool. La commission médicale en préfecture statue ensuite sur l’aptitude.
Quel formulaire remplir avant la visite médicale ?
Le formulaire à remplir est le Cerfa 14880*02 « permis de conduire – avis médical ». Disponible en ligne ou en version imprimée, il regroupe les antécédents médicaux et les traitements en cours du conducteur.
Quel recours en cas d’avis médical défavorable ?
Le conducteur peut contester l’avis devant la commission médicale supérieure dans les deux mois suivant la notification. Un recours devant le tribunal administratif reste également possible. Une nouvelle visite peut être demandée en cas d’amélioration documentée de l’état de santé.
Article publié en mai 2026. Sources : Service Public (article F2686), Sécurité Routière, Légifrance (arrêté du 1er février 2016 fixant les honoraires des médecins agréés, arrêté du 28 mars 2022 sur les affections incompatibles, articles R221-9 à R221-13 du Code de la route).
